La Première Nation Mitchikanibikok Inik intervient pour protéger leur territoire ancestral

logo communiqué 20 avril 2017

Le projet minier proposé par Copper One entraînera la dégradation des terres et la pollution des sources de la Rivière des Outaouais, selon les Mitchikanibikok Inik

OTTAWA et QUÉBEC – La Première Nation Mitchikanibikok Inik demande à la Cour de rejeter l’action de la société minière visant à permettre la foresterie et l’exploration minière sur leur territoire non cédé.

 « La Première Nation Mitchikanibikok Inik a un droit constitutionnel d’être consultée et accommodée », a dit l’avocat d’Ecojustice, Joshua Ginsberg. « L’action intentée par Copper One est une tentative de forcer une approbation réglementaire en ignorant les droits des Mitchikanibikok Inik. Cette communauté n’a cessé de répéter qu’il ne peut y avoir d’activité minière sur son territoire.  Elle mérite de voir son refus respecté. »

Copper One, une société minière junior, a déposé une demande en mandamus visant à forcer le gouvernement québécois à accorder un « permis de déboisement » qui permettrait de commencer les activités d’exploration minière sur le territoire traditionnel des Mitchikanibikok Inik  (aussi appelés les Algonquins du Lac Barrière).

Des avocats d’Ecojustice, avec l’aide d’avocats du Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), représenteront les Mitchikanibikok Inik à titre d’intervenants dans la cause intentée par Copper One contre le gouvernement québécois.

« Nous avons dit à plusieurs reprises qu’il ne peut y avoir d’activité minière dans notre territoire. Nous ne laisserons pas Copper One, ou toute autre société minière, mettre en péril notre mode de vie. Non, c’est non », a dit Norman Matchewan de la Première Nation Mitchikanibikok Inik.

Les territoires ancestraux des Mitchikanibikok Inik comprennent plusieurs sites importants pour l’écologie, la culture et la survie de la communauté, incluant : des lieux des sépultures et des sites cérémoniaux et patrimoniaux, ainsi que des lieux occupés; des habitats de frai de poissons, des habitats d’ours et d’aigles, et des lieux de chasse d’orignal, de cueillette de plantes médicinales et de récolte de bois.

« Le Centre québécois du droit de l’environnement est heureux de collaborer dans une cause qui concerne autant le droit autochtone que le droit de l’environnement et que nous considérons comme étant foncièrement juste » a dit l’avocat du CQDE, Marc Bishai.

En 1991, les Mitchikanibikok Inik ont signé une entente trilatérale avec les gouvernements du Canada et du Québec pour établir un système de développement durable sur plus de 10 000 kilomètres carrés de leur territoire ancestral. Des négociations quant à la mise en œuvre de cette entente sont en cours.

Depuis 2011, le gouvernement du Québec applique un moratoire sur les activités minières dans la région, sauf durant une brève période quand il a levé le moratoire sans consultation préalable des Mitchikkanibikok Inik, laissant ainsi Copper One procéder à l’exploration minière. En février 2017, le gouvernement du Québec a rétabli le moratoire, mais seulement jusqu’en juillet.

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