Projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur.
Montréal, 9 février 2026 – La Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) et le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) déposent officiellement une poursuite en Cour fédérale contre la ministre des Pêches. Le 5 janvier 2026, le ministère des Pêches et des Océans a délivré un permis en vertu de la Loi sur les espèces en péril et de la Loi sur les pêches autorisant l’Administration portuaire de Montréal à détruire une partie de l’habitat essentiel protégé du chevalier cuivré, donnant ainsi l’aval final au projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur.
« Cette autorisation est déraisonnable et contraire aux dispositions de la Loi sur les espèces en péril » indique Me Anne-Julie Asselin, avocate chez Trudel Johnston & Lespérance, qui représentera la SNAP Québec et le CQDE dans ce dossier.
Le chevalier cuivré est une espèce de poisson unique au Québec et actuellement en voie de disparition. Son aire de répartition mondiale est extrêmement restreinte, se limitant au tronçon d’eau douce du fleuve Saint-Laurent situé entre le lac Saint-Louis et le lac Saint-Pierre, ainsi qu’à quelques-uns de ses affluents. Le dernier rapport du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) fait état de déclins observés et inférés continus de l’aire de répartition, de la qualité de l’habitat et du nombre d’individus matures.
« Le principe de précaution et les connaissances scientifiques doivent impérativement continuer de guider la mise en œuvre de la Loi sur les espèces en péril. C’est sur cette base et alors qu’il est au bord du gouffre, que le chevalier cuivré jouera son ultime combat en Cour fédérale, » déclare Alain Branchaud, biologiste et directeur général à la SNAP Québec. « En tant qu’hôte du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, Montréal, le Québec et le Canada apparaissent dans ce dossier et face au reste du monde, comme les cordonniers mal chaussés de la biodiversité », poursuit Monsieur Branchaud.
« La protection du chevalier cuivré n’est pas qu’une question morale : c’est aussi une obligation légale. Nous estimons que la loi n’a pas été respectée ; les conditions pour l’octroi d’un permis en vertu de la Loi sur les espèces en péril n’ont pas été remplies et la démonstration que toutes les solutions alternatives raisonnables ont été considérées n’a pas été faite » conclut Madame Paul.
Par ce recours, le CQDE et la SNAP Québec visent non seulement à protéger le chevalier cuivré, mais aussi à éviter que le public ne soit exposé à un nouvel échec coûteux, tant sur le plan économique qu’environnemental. Autant le promoteur du projet que le gouvernement fédéral n’ont pas fait la démonstration que toutes les alternatives raisonnables au projet d’expansion à Contrecœur ont été considérées, notamment une approche coopérative d’optimisation des différentes infrastructures portuaires canadiennes existantes.
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Crédit illustration : Yannick Brosseau

