Entre marketing et réalité : un nouveau rapport du CQDE sur l’écoblanchiment expose les limites de la consommation « verte»

Montréal, le 26 mars 2026 Le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) publie aujourd’hui un nouveau rapport de recherche intitulé Consommation « verte » : pour une véritable transparence environnementale. Ce rapport démontre que, malgré la multiplication des allégations environnementales portant sur les produits de consommation, les consommateurs et consommatrices n’ont toujours pas accès à une information fiable et complète pour éclairer leurs choix vers une plus grande écoresponsabilité.

Un déficit d’information qui fragilise les choix « verts »

Qu’il s’agisse d’acheter une voiture, des aliments ou des appareils électroniques, les décisions de consommation ont des répercussions environnementales importantes. Pourtant, la grande majorité des publicités, emballages et communications commerciales ne fournissent aucune information sur l’empreinte environnementale réelle des produits.

Lorsque des informations sont communiquées par les entreprises, elles sont souvent partielles, difficiles à comprendre, à vérifier ou à comparer, entraînant la confusion plutôt que des choix éclairés. Selon un récent sondage de Deloitte datant de 2023 : 

  • 23 % des consommateur·trices canadien·nes disaient être agacé·es par la difficulté à distinguer les vraies affirmations environnementales des fausses
  • 49 % doutent de la véracité des allégations environnementales des entreprises et 46 % refusent de payer un prix plus élevé pour des produits « durables » en raison de leur difficulté à comprendre certaines allégations.

« Les citoyens et citoyennes veulent faire des choix cohérents avec leurs valeurs environnementales. Encore faut-il que l’information mise à leur disposition soit claire et fiable. Actuellement, le fardeau repose trop souvent sur les épaules du public », souligne Geneviève Paul, directrice générale du CQDE.

Cinq recommandations pour rétablir la transparence

Pour répondre aux lacunes identifiées, le CQDE formule cinq recommandations phares :

  1. Mettre sur pied un système d’affichage environnemental;
  2. Rehausser l’encadrement des certifications environnementales;
  3. Rendre obligatoire la divulgation des preuves qui justifient les allégations environnementales;
  4. Intensifier l’application des lois sur la publicité trompeuse;
  5. Interdire certaines représentations publicitaires qui sont intrinsèquement trompeuses .

Selon le CQDE, ces mesures sont essentielles pour protéger le public, assurer une concurrence saine et soutenir une véritable transition écologique.

« La transition ne peut pas reposer sur des promesses marketing vagues ou trompeuses. Elle exige un cadre juridique robuste, capable de garantir une transparence réelle et d’éviter que l’écoblanchiment ne mine la confiance du public », ajoute Geneviève Paul.

Le CQDE rappelle que ces mesures ne suffiront pas à elles seules à assurer la transition écologique. Au-delà de la protection des consommateur·trices, elles constituent toutefois un levier structurant pour endiguer les pratiques d’écoblanchiment qui nuisent à l’atteinte des objectifs climatiques et de protection de la biodiversité, notamment en permettant à la population de participer plus efficacement à la transition.

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Compléments d’information

Le Centre québécois du droit de l’environnement a reçu du financement en vertu de l’Initiative canadienne de protection des consommateurs d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada. Les opinions exprimées dans ce rapport ne sont pas nécessairement celles d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada ou du gouvernement du Canada.

Ont également contribué : le Fonds pour le Droit de demain de l’Association du Barreau canadien et le Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.

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