L’ensemble des consommateurs canadiens ont bénéficié des retombées positives des projets financés par ce programme.
Montréal, le 9 juin – Alors que le coût de la vie augmente sans cesse, que les nouveaux modèles d’affaires numériques présentent des défis inédits et que le contexte économique est plus incertain que jamais, le gouvernement fédéral vient de prendre une décision aussi incompréhensible que lourde de conséquences : abolir le financement des associations de consommateurs.
Au mois de mai 2026, le ministère de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique a annoncé la suppression de l’Initiative canadienne de protection des consommateurs, un programme essentiel qui ne sera pas renouvelé après 2027. Depuis plus de 25 ans, ce programme offre un soutien vital aux organismes dont la mission consiste à défendre les intérêts des consommateurs, en finançant des projets de recherche, de communication ou d’autres initiatives de développement.
Pour les associations de consommateurs canadiennes, cette suppression est une véritable catastrophe. Nous envisageons que plusieurs de ces groupes de la société civile pourraient devoir fermer leurs portes ou, du moins, réduire considérablement leurs activités. Mais au-delà des organismes, ce sont tous les consommateurs qui en paieront le prix.
Bénéfices
Depuis sa création, l’Initiative canadienne de protection des consommateurs a permis de financer des recherches, de contribuer au développement de meilleures lois et politiques publiques pour les consommateurs, en plus de soutenir le développement d’outils pour les informer. Souvent sans le savoir, l’ensemble des consommateurs canadiens ont bénéficié des retombées positives des projets financés par ce programme.
Mettre fin à ce soutien, c’est non seulement priver directement les consommateurs de ressources concrètes et utiles, mais c’est aussi faire disparaître une voix essentielle dans les débats publics. Cette décision aura ultimement un impact sur la qualité de la démocratie canadienne — et sur le portefeuille des consommateurs.
Dans de nombreuses consultations publiques sur des lois, des règlements ou d’autres politiques, les intérêts de l’industrie sont déjà largement représentés par leurs lobbys structurés et bien financés. Malheureusement, le manque de ressources des groupes de la société civile pour faire valoir l’intérêt public laisse craindre que seuls les acteurs les plus favorisés économiquement auront la capacité d’influer sur les décisions gouvernementales.
Le résultat net du choix du gouvernement est sans équivoque : moins de contrepoids, plus de pouvoirs pour les intérêts privés. Les conséquences en seront tout aussi claires. La protection du consommateur s’en trouvera affaiblie, la concurrence dans les marchés en souffrira, les consommateurs seront moins bien informés et leurs intérêts seront relégués au second rang lorsque viendra le temps d’adopter de nouvelles lois.
Il est encore temps d’agir : le gouvernement doit trouver des solutions concrètes pour maintenir un soutien durable aux associations de consommateurs et ainsi préserver la voix essentielle qu’ils portent dans l’espace public.
Signataires :
Christian Corbeil, directeur général d’Option consommateurs
MarcelOlivier Nadeau, bâtonnier du Québec
Bruno Larivière, président de la Chambre des notaires du Québec
Caroline Senneville, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)
Daniel Rottman, directeur général d’ÉquiterreLouis-Alexandre Lacoste, directeur général d’EducEpargne
Geneviève Paul, directrice générale du Centre québécois du droit de l’environnement
George Iny, Association pour la protection des automobilistes
Marc-André Harnois, directeur général de l’Association des consommateurs pour la qualité dans la construction
Laurence Marget, directrice générale de la Coalition des associations de consommateurs du Québec
Maxime Dorais, codirecteur général de l’Union des consommateurs
Tahira Dawood, directrice juridique par intérim du Centre pour la défense de l’intérêt public
Don Mercer, président du conseil d’administration du Consumers Council of Canada
Magali Picard, Présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec

